COMMUNIQUE:
الإنتخابات التشريعية ستنظم بمقر سفارة الجزائر ببيجين يومي 11 و12 جوان 2021 من الساعة الثامنة صباحا إلى الساعة السابعة مساء - اطلع على البيان المنشور في هذا الصدد     

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El Moudjahid: Le Président Tebboune dans une interview accordée à l’hebdomadaire français Le Point : L’Algérie demeurera un état social

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Réforme de la politique de subvention : Une exigence
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a assuré que l’Algérie demeurera un État social, parallèlement au projet en cours relatif à la réforme de la politique de subvention des produits de première nécessité.
«L'Algérie sera un État social ad vitam æternam, parce que c'est une exigence de ceux qui se sont sacrifiés pour ce pays. La Déclaration du 1er novembre 1954 préconisait la création d'un État démocratique et social. Tel était le vœu de nos martyrs», a souligné le Président Tebboune.
Il a relevé qu’aux premières années de l'indépendance, «les millionnaires se comptaient sur les doigts d'une main.
Maintenant, l'Algérie compte des centaines de milliardaires», assurant que «l'État social reste un principe valable pour les classes moyennes et démunies, mais les plus riches ne doivent plus être concernés par les subventions».
En ce sens, le président de la République a fait savoir que «le projet est en cours d'élaboration», et affirme qu’il attend l'élection des Assemblées (nationale et locales), pour entamer une réflexion nationale, notamment avec les syndicats, le Conseil national économique et social et environnemental, et les élus».
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Elle a protégé le pacifisme du Hirak : L’Armée, une «réalité positive»
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a rendu un hommage appuyé à l'Armée nationale populaire (ANP), qu'il a qualifié de «réalité positive» ayant «préféré protéger le pacifisme» du mouvement populaire Hirak du 22 février 2019. «Le poids de l'Armée est une réalité positive. Si nous n'avions pas une Armée aussi moderne et aussi professionnelle, la situation en Algérie serait pire qu'en Libye ou en Syrie», a affirmé le Président Tebboune.
Il a fait savoir que pendant le Hirak, «certains, y compris dans les rangs de ceux qui se prétendent démocrates, ont demandé à l'Armée d'intervenir», ajoutant que l'ANP «a refusé, préférant protéger le pacifisme du mouvement». «Si elle avait voulu prendre le pouvoir, elle l'aurait fait. C'était une demande populaire, le peuple l'appelait à faire cesser la comédie du cinquième mandat et la déliquescence de l'État», a-t-il rappelé, soutenant que «l'Armée n'a pas pris le pouvoir et ne le prendra pas, parce qu'elle est légaliste». Le chef de l'État a rappelé, à cette occasion, que «l'Armée s'est retirée de la politique depuis la fin des années 1980», et que «l'époque où des officiers de l'Armée siégeaient au Comité central du FLN (ex-parti unique au pouvoir) est terminée», soulignant que «l'Armée ne fait plus de politique».
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Covid-vaccination : Le lancement de «grandes campagnes de sensibilisation» annoncé
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a annoncé le lancement de «grandes campagnes de sensibilisation» pour la vaccination, dans la cadre de la lutte contre la pandémie de Coronavirus.
«Le rythme de la vaccination suit le bon vouloir des Algériens, car nous ne voulons pas l'imposer, mais nous allons lancer de grandes campagnes de sensibilisation», a indiqué le Président Tebboune, ajoutant que le fait que l'Algérie «ait été relativement peu impactée dissuade les gens d'aller se faire vacciner».
À cet égard, il a rappelé que l'Algérie «a commencé à vacciner en janvier avant presque tous les pays africains. Les vaccins sont justement là pour ceux qui en font la demande».
Plus de 80.000 Algériens rapatriés
Enchaînant sur le retour des milliers d'Algériens au pays, après l'ouverture partielle des frontières le 1er juin, le président de la République a tenu à préciser que «l'ouverture ou la fermeture des frontières est dictée par le Conseil scientifique, suivant l'évolution de la pandémie».
Il a également rappelé que même avec les frontières fermées, l’Algérie a rapatrié «un peu plus de 80.000 Algériens» et ce aux frais de l'État, précisant qu'«aucun pays n'a fait ça». «Si nous avons fermé les frontières, ce n'est pas pour sanctionner la population, mais pour la protéger», a-t-il expliqué, rappelant que «l'Algérie a été le premier pays à imposer les tests dans ses aéroports, à fermer les crèches, les écoles, les mosquées, à interdire le public dans les stades».
Et d’ajouter : «Aujourd'hui, nous recensons environ 200 cas par jour, alors que des pays plus développés en sont à 20.000, voire 30.000 cas par jour», mettant en garde contre «le virus qui est là et à tout moment, les chiffres peuvent remonter».
Il a estimé que «si cela arrive, les Algériens nous en voudront d'avoir commencé à rouvrir les frontières», avertissant que «si la situation se dégrade, nous refermerons à nouveau les frontières».
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Investissements : Le dossier de l’usine Peugeot en maturation, le partenariat Saidal-Sanofi en cours de concrétisation
Le dossier d'ouverture d'une usine Peugeot en Algérie est en cours de maturation, alors que le partenariat entre Saidal et Sanofi Pasteur est en cours de concrétisation, a indiqué le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
«C'est (l'usine Peugeot) un dossier en maturation. Le mérite de Peugeot, c'est de ne pas avoir accepté de verser de pot-de-vin. Et pour cette raison, nous avons beaucoup de respect pour ce partenaire», a-t-il déclaré.
Seulement, a fait constater M. Tebboune, l'usine projette une production de 76.000 véhicules/an, alors que l'Algérie consomme un minimum de 350.000 véhicules par an.
Il a également rappelé que l'Algérie projette d'augmenter le taux d'intégration afférent à cette industrie à 30-35%.
Évoquant le partenariat entre le groupe Saidal et le groupe français Sanofi Pasteur, il a noté que «80% de l'activité de Sanofi en Afrique est réalisée en Algérie», assurant «qu'il n'y a pas de contentieux avec cet associé».
Selon M. Tebboune, le partenariat entre Saidal et Sanofi Pasteur «est en train de se concrétiser». Sinon, pour d'autres entreprises françaises, comme Suez ou la RATP, les partenariats «battent de l'aile», a-t-il reconnu. «Nous pourrions aller plus loin, mais des lobbys français, très puissants, criminalisent pratiquement le fait de travailler avec l'Algérie. C'est une réalité et pas un complexe de persécution», a-t-il expliqué.
Le partenariat doit se construire d’égal à égal
Pour le Président Tebboune, les relations «ne se construisent pas de souverain à suzerain, mais d'égal à égal».
«Vous avez des intérêts que nous reconnaissons, que vous défendez, et nous avons des intérêts que nous devons défendre. Il faut sortir du mythe que les investisseurs français ont été malheureux en Algérie», a-t-il soutenu.
Exemples à l'appui, il a fait remarquer que les groupes français Renault, Legrand et Schneider ont prospéré en Algérie, alors que Lafarge et Knauf ont même exporté. BNP, SG, Natexis, Crédit agricole, Air France ont acquis des parts de marché aussi, a-t-il poursuivi, en rappelant que plus de 450 PME françaises sont présentes en Algérie.
«Je ne pense pas que le bilan soit aussi négatif», a-t-il commenté, à propos du partenariat entre les deux pays.
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Crimes commis par la France coloniale, Président Tebboune : les Algériens attendent une «reconnaissance totale»
Le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que les Algériens attendaient une «reconnaissance totale de tous les crimes» commis par la France coloniale, soulignant que le fait de reconnaître ses crimes est une forme de repentance.
«Les Algériens attendent une reconnaissance totale de tous les crimes» commis par la France coloniale, a indiqué le Président Tebboune dans une interview accordée à l’hebdomadaire français Le Point, relevant que dans l'histoire de la colonisation, il y a eu «trois étapes douloureuses» pour l’Algérie.
Il a cité le «début de la colonisation, avec l'extermination, pendant 40 ans, de tribus entières, des villages entiers décimés et les enfumades. Ensuite, il y a eu la période de la spoliation, quand les terres étaient confisquées aux Algériens pour être distribuées à des Européens».
Il a, également, cité «l'horreur du 8 mai 1945 avec 45.000 morts et enfin la guerre de Libération, quand les Algériens ont pris les armes pour libérer leur pays».
Le Président Tebboune a fait remarquer que «tout cela ne concerne pas la génération du président Macron, ni celle de certains intellectuels français, qui sont irréprochables», relevant toutefois que «reconnaître ces faits est important». Il s’est ainsi demandé «pourquoi tient-on à la reconnaissance de ce qu'ont subi les Arméniens, les Juifs, et ignore-t-on ce qui s'est passé en Algérie?».
«Ce que nous voulons, c'est une mémoire apaisée, reconnue. Qu'on sorte de cette fable d'Algérie Terra nullius où la colonisation aurait apporté la civilisation», a-t-il soutenu, insistant sur le fait que «ce n'est pas la France de Voltaire, la France des Lumières que l'on juge. C'est la France coloniale».
«Nous n'oublierons d'ailleurs jamais que de nombreux Français ont rejoint le combat des Algériens, et aujourd'hui nous nous inclinons devant leur mémoire», a-t-il relevé.
Pour le Président Tebboune, une fois que le passif est réglé, il permettra «une amitié durable entre les deux nations», rappelant à ce propos que l’ancien Président algérien, «Houari Boumediène avait dit à Giscard (ancien président français) qu'on voulait tourner la page mais sans la déchirer. Et pour ce faire, il faut des actes».
A une question relative à des «réparations ou des compensations» de la France ; concernant entre autres les essais nucléaires effectués dans le Sud algérien et leurs retombées, M. Tebboune a affirmé : «Nous respectons tellement nos morts que la compensation financière serait un rabaissement. Nous ne sommes pas un peuple mendiant, nous sommes un peuple fier et nous vénérons nos martyrs».
En ce sens, il a demandé à la France de «nettoyer les sites des essais nucléaires», relevant que cette opération est «en bonne voie car aujourd'hui encore, la contamination fait des victimes».
«Que la France soigne les victimes des essais nucléaires. Le monde s'est mobilisé pour Tchernobyl alors que les essais nucléaires en Algérie provoquent peu de réactions. Ils ont pourtant eu lieu à ciel ouvert et à proximité des populations», a tenu à rappeler le Président Tebboune.
Enchaînant sur le rapport Benjamin Stora sur la colonisation, le président de la République a tenu à préciser que «Stora est un historien qui n'a jamais été dans l'excès» et a été «toujours proche de la vérité», précisant qu’«il a rédigé un rapport destiné à son Président, mais qui ne nous est pas adressé».
Faisant une comparaison entre les initiatives des anciens présidents français et ce qu'a fait Emmanuel Macron aujourd'hui, M. Tebboune a reconnu que «ce dernier est allé le plus loin».
«Oui, on doit le rappeler et l'écrire. Macron a toute mon estime. C'est le plus éclairé d'entre tous. Les autres présidents avaient tous une histoire avec l'Algérie», a indiqué le président Tebboune, qui s’en est pris à ceux «qui en veulent à la politique de Macron envers l'Algérie, (lesquels) ne représentent qu'une infime minorité».
«Ils gardent des relais mais sont rejetés par l'opinion française en général, car la plupart des jeunes Français d'aujourd'hui sont moins directement concernés par l'Histoire algérienne», a encore relevé le chef de l’Etat, estimant que si l’Algérie et la France «n'arrivent pas à jeter des passerelles solides entre les deux pays sous la présidence Macron, cela ne se fera jamais, et nos pays garderont toujours une haine mutuelle».
A une question sur son insistance sur «la reconnaissance plutôt que la repentance», le président Tebboune a répondu : «reconnaître, c'est une forme de repentance».
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Questions internationales : Respecter le droit des peuples à l’autodétermination
La situation au Mali et le rôle que l'Algérie serait susceptible d'y jouer, le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, la position de l'Algérie par rapport à la question de la normalisation des relations entre l'entité sioniste et certains pays arabes et l'urgente réforme de la Ligue arabe sont les questions internationales évoquées par le président Abdelmadjid Tebboune a assuré que l'Algérie ne laissera jamais le nord du Mali devenir un sanctuaire pour les terroristes, ni permettra une partition du pays, expliquant que «pour régler le problème au nord (du Mali), il faut y redéployer l'Etat». Il dira, à ce propos, que «via les Accords d'Alger, nous sommes là pour aider Bamako». Issu de négociations menées à Alger, l'accord de paix et de réconciliation au Mali a été signé, en 2015, entre les autorités maliennes et la coordination des mouvements de l'Azawad. Interrogé au sujet de l'éventualité d'une intervention militaire algérienne au Mali, le Président Tebboune a répondu que la Constitution algérienne autorisait désormais ce type d'intervention ajoutant, néanmoins, que «la solution n'est pas là». Le président a estimé que le G5 Sahel regroupant la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad dans le cadre de la lutte contre les groupes terroristes dans cette région n'était pas doté de suffisamment de moyens. Il a ajouté que ce groupe «a été créé contre le CEMOC (Comité d'état-major opérationnel conjoint NDLR) qui était mieux doté». Les membres du CEMOC sont l'Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger. «Dans ces territoires, certains s'opposent aux avancées de l'Algérie, essentiellement sur le dossier malien. Pour nous, il existe une volonté de saboter les Accords d'Alger. Je crois aussi que le G5 ou Barkhane sont des solutions partielles», a-t-il soutenu. Concernant la question du Sahara occidental, le président a estimé que le Maroc devrait revenir rapidement à une solution acceptable conforme au droit international. «Certains croient qu'avec l'ouverture de consulats (à Laâyoune et à Dakhla), le dossier du Sahara occidental est clos, mais ils se trompent. Le Maroc devrait revenir rapidement à une solution acceptable conforme au droit international», a-t-il soutenu assurant que la reconnaissance par l'ancien président américain de la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidentale «ne veut rien dire».
«Pourquoi les Marocains refusent-ils l'autodétermination ? Parce qu'ils ont procédé à un changement ethnique (changement de la composante démographique) qui a ses conséquences : les Sahraouis à l'intérieur du Sahara occidental sont aujourd'hui minoritaires par rapport aux Marocains qui s'y sont installés. En cas de vote pour l'autodétermination, les Marocains installés sur le territoire sahraoui vont voter pour l'indépendance parce qu'ils ne voudront plus être les sujets du roi. Il est paradoxal d'avoir une majorité marocaine et de refuser le vote d'autodétermination», constate-t-il. Interrogé au sujet des conséquences des tensions qui pèsent sur les relations entre l'Algérie et le Maroc, le président a expliqué que «dans cette relation, le rôle honorable revient à l'Algérie. La rupture avec le Maroc — et je parle de la monarchie, pas du peuple, que nous estimons — remonte à tellement longtemps qu'elle s'est banalisée». «Le Maroc a toujours été l'agresseur. Nous n'agressons jamais notre voisin. Nous riposterons si nous sommes attaqués. Mais, je doute que le Maroc s'y essaie, les rapports de force étant ce qu'ils sont», a-t-il affirmé. Le Président dira, en outre, que les frontières entre les deux pays resteront fermées. «On ne peut pas ouvrir les frontières avec un vis-à-vis qui vous agresse quotidiennement», a-t-il dit. Interrogé au sujet de la normalisation des relations entre l'entité sioniste et certains pays arabes, le Président a expliqué que «chaque pays est libre de normaliser ses relations avec Israël, mais l’Algérie ne le fera pas tant qu’il n’y aura pas d’Etat palestinien». Il a informé, en outre, qu'il n'y avait pas de cohésion au sein de la Ligue arabe et que cette organisation avait besoin d'être réformée totalement.
Sur un autre plan, M. Abdelmadjid Tebboune a expliqué que «le litige entre la Turquie et certains pays arabes est principalement lié au dossier des Frères musulmans», précisant que l'Algérie entretenait d’excellents rapports avec les Turcs, qui «ont investi près de 5 milliards de dollars en Algérie sans aucune exigence politique en contrepartie. Maintenant, ceux que cette relation dérange n'ont qu’à venir investir chez nous», a-t-il indiqué.
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Élections législatives : «Il y a un engouement chez les jeunes»
Le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a relevé «un engouement» notamment chez les jeunes pour les législatives du 12 juin prochain, affirmant qu’il «n'y a pas d'autre issue» et que «tous ceux qui veulent entraîner le pays vers l'aventure sont en train de perdre leur temps». «Je sais qu'il y a un engouement pour ces législatives, notamment chez les jeunes, alors que tout récemment, ils ne s'inscrivaient même pas sur les listes électorales», a indiqué le Président Tebboune, précisant que «plus de 50% de la population a moins de 30 ans en Algérie».
Evoquant l’importance de cette échéance électorale, le Président de la République a affirmé qu'il «n'y a pas d'autre issue», précisant que «tous ceux qui veulent entraîner le pays vers l'aventure sont en train de perdre leur temps».
«Quand j'étais malade et que les rumeurs enflaient, me donnant même comme décédé, la plupart des Algériens étaient angoissés, même parmi ceux qui n'ont pas voté pour moi ou qui ne m'apprécient pas», a-t-il révélé, expliquant l’attitude des Algériens par le fait «qu'ils veulent que le pays reste sur la voie de la légalité». A une question sur «une bonne partie de l'opposition» qui aurait choisi de «boycotter le scrutin», le Chef de l’Etat a rétorqué : «Ce que j'observe à travers tout le pays ne dit pas que les Algériens, dans leur majorité, sont opposés aux élections législatives». Et d’enchaîner : «Vous me dites une ‘’bonne partie de l'opposition’’. Combien sont-ils ?
Au vu des instruments de mesure dont nous disposons, il s'agit d'une minorité qui se présente comme une majorité grâce à une médiatisation à outrance, notamment outre-mer». A cet égard, le Chef de l’Etat a relevé que «certains ambassadeurs, malheureusement, ne voient que cette minorité et ne vivent qu'avec elle, et ignorent la majorité des Algériens, induisant en erreur les pays auxquels ils appartiennent».
Interrogé sur une éventualité d’élire une Assemblée populaire nationale avec une «majorité parlementaire islamiste», le Président de la République a rassuré que «l'islamisme en tant qu'idéologie, celle qui a tenté de s'imposer au début des années 1990 dans notre pays, n'existera plus jamais en Algérie».
Toutefois, il a relevé que «l'islam politique n’a pas bloqué le développement de pays comme la Turquie, la Tunisie ou l'Egypte», soutenant que «cet islam politique ne me gêne pas, parce qu'il n'est pas au-dessus des lois de la République qui s'appliqueront à la lettre».
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Réforme des subventions : Une réflexion nationale après les législatives et les locales
Une réflexion nationale sur la réforme des subventions étatiques, incluant notamment les syndicats, le CNESE et les élus, sera entamée après les élections législatives et locales, a indiqué le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, en assurant que l'Algérie restera un «Etat social pour toujours».
«Le projet est en cours d'élaboration, j'attends l'élection des assemblées -Parlement et assemblées locales - pour entamer une réflexion nationale, notamment avec les syndicats, le Conseil national économique et social et environnemental et les élus», a-t-il avancé. Il a tenu, dans ce cadre, à réitérer l'attachement du pays à préserver ses acquis sociaux, consacrés dans la Déclaration du 1er-Novembre 1954. «L'Algérie sera un Etat social ad vitam aeternam, parce que c'est une exigence de ceux qui se sont sacrifiés pour ce pays. La Déclaration du 1er-Novembre 1954 préconisait la création d'un Etat démocratique et social, tel était le vœu de nos martyrs», a-t-il assuré.
Cependant, L'Etat social reste «un principe valable pour les classes moyennes et démunies, mais les plus riches ne doivent plus être concernés par les subventions», a-t-il tranché, en faisant remarquer «qu'aux premières années de l'indépendance de l'Algérie, les millionnaires se comptaient sur les doigts d'une main. Maintenant, l'Algérie compte des centaines de milliardaires».
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Bureaucratie : Une lutte sans merci
Le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a assuré qu'il allait continuer à lutter contre la bureaucratie avec toute son énergie.
«La situation (du climat des affaires NDLR) n'est pas aussi catastrophique. Il y a des problèmes, des difficultés, peut-être aussi des blocages à cause de la bureaucratie, contre laquelle je lutterai avec toute mon énergie», a-t-il déclaré.
«Je l'ai dit aux hommes d'affaires et aux start-up : la bureaucratie est notre ennemi commun. Pour le reste, les gens continuent à travailler et à investir, le pays n'est pas à l'arrêt», a-t-il soutenu.
Il a tout de même reconnu que «nous avons une économie sous-développée et désarticulée, tournée vers l'importation, sans aucun échange intersectoriel» et contre laquelle «des voix s'élèvent pour dénoncer les blocages dans l'administration, des responsables qui ont peur d'assumer des décisions, une fiscalité qui encourage l'informel, des banques méfiantes...».
Interrogé sur les actions menées par l'Algérie pour améliorer le climat des affaires,
M. Tebboune a souligné, à propos du Doing business et ses paramètres pour capter les investissements directs étrangers (IDE), que «certains pays l'acceptent, à défaut d'avoir d'autres moyens de création d'emplois, devenant presque des protectorats d'autres pays, où on peut, par exemple, prohiber l'action syndicale».
Mais en Algérie, «c'est impossible», a-t-il jugé car «il y a une demande d'Etat et de protection sociale assez forte. Ce n'est pas très attractif».
Pour ce qui est de la règle 51-49% régissant l'investissement étranger, levée pour une bonne partie des secteurs et maintenue exclusivement pour les secteurs stratégiques, le Président Tebboune a assuré que cette règle, lorsqu'il s'agit d'investir dans les hydrocarbures, «ne gêne personne».
«Ajoutez à cela, un pays solvable non endetté et qui compte 45 millions de consommateurs», a-t-il soutenu.
Tout le nécessaire a été fait pour rassurer le patronat algérien
A une question relative aux conditions dans lesquelles activent le patronat algérien, M. Tebboune a répondu : «Nous avons déjà fait plus que le nécessaire pour les rassurer. Nous avons réuni, à deux reprises, les patrons algériens, nous avons pris des mesures dans les lois de finances». Maintenant, «s'ils (les patronats) ont des choses à se reprocher, je n'y suis pour rien.
La justice a pris tout son temps pour juger ceux qui ont indûment touché à l'argent public, on n'accuse personne à la légère», a-t-il poursuivi.
Abordant l'industrie automobile, il a, encore une fois, regretté le modèle appliqué auparavant en Algérie, où des kits (dans l'automobile et l'électroménager) importés pour être montés en Algérie «ont couté à l'Etat 3,5 milliards de dollars pour créer à peine 400 emplois».
«Nous avons réussi à mettre sur le marché des voitures plus chères que les voitures
importées !», s'est indigné M. Tebboune, en ajoutant : «ça, ce n'est pas de l'économie !».
Il a réitéré son appel aux investisseurs sérieux qui veulent investir dans la construction mécanique en respectant les cahiers de charges et en assurant le taux d'intégration requis.
«Ceux qui veulent se lancer dans la construction mécanique, en respectant les cahiers des charges sont les bienvenus. Pour les industries légères, comme l'électroménager, l'intégration devrait être, au départ, d'au moins 70%», a-t-il dit.
«Ce que nous voulons, c'est construire une économie dans laquelle les besoins de notre pays soient satisfaits par notre propre production», a soutenu le Président Tebboune.
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Nord du Mali : L’Algérie ne le laissera jamais devenir un sanctuaire pour les terroristes
L'Algérie ne laissera jamais le nord du Mali devenir un sanctuaire pour les terroristes, ni permettra une partition du pays, a affirmé le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune. «Pour régler le problème au nord du pays, il faut y redéployer l'Etat. Via les accords d'Alger, nous sommes là pour aider Bamako, ce que nous faisons déjà avec la formation des militaires maliens», a-t-il expliqué, évoquant l'accord de paix et de réconciliation au Mali signé en 2015 entre les autorités maliennes et la coordination des mouvements de l'Azawad. Interrogé au sujet de l'éventualité d'une intervention militaire algérienne au Mali, le Président Tebboune a répondu que la Constitution algérienne autorisait désormais ce type d'intervention ajoutant, néanmoins, que «la solution n'est pas là». « En Afrique et dans le monde arabe nous sommes leaders contre la lutte antiterroriste. Cette expérience a bénéficié à tous les pays occidentaux, y compris les Etats-Unis. Nous avons fait éviter des tragédies à la France, à la Belgique et à d'autres. Nous préférons garder cette coopération discrète car il s'agit de sauvegarder des vies humaines en Europe et partout», a souligné le Président.
D'autre part, le Président a estimé que le G5 Sahel qui lutte contre les groupes terroristes dans cette région «pourrait être plus efficace s'il avait plus de moyens. Or le G5 n'en a pas, il a été créé contre le CEMOC (Comité d'Etat-major opérationnel conjoint (NDLR)) qui était mieux doté». Le CEMOC regroupe l'Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger. «Dans ces territoires, certains s'opposent aux avancées de l'Algérie, essentiellement sur le dossier malien. Pour nous, il existe une volonté de saboter les accords d'Alger. Je crois aussi que le G5 ou Barkhane sont des solutions partielles», a-t-il soutenu. Par ailleurs,
M. Abdelmadjid Tebboune a expliqué que le Sahel était composé de pays que l'Algérie a l'obligation d'aider dans la reconstruction de leurs Etats. Il ne s'agit pas uniquement d'un programme de lutte antiterroriste, a-t-il ajouté.
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«Le seul Hirak auquel je crois est le Hirak authentique et béni»
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé ne croire qu'au Hirak «authentique et béni» ayant ignoré «le chant des sirènes» qui le poussait à aller vers une période transitoire.
«Je n'utilise plus ce mot (Hirak) parce que les choses ont changé», a soutenu d'emblée le Président Tebboune dans une interview au journal français Le Point.
«Le seul Hirak auquel je crois est le Hirak authentique et béni qui a spontanément rassemblé des millions d'Algériens dans la rue. Ce Hirak-là a choisi la voie de la raison en allant à l'élection présidentielle (12 décembre 2019)», a expliqué le chef de l'Etat, affirmant que ce Hirak «n'a pas écouté le chant des sirènes qui le poussait à aller vers une période transitoire, et dix millions d'Algériens sont allés voter».
«Une minorité a refusé l'élection. Je pense que tout Algérien a le droit de s'exprimer, mais je refuse le diktat d'une minorité», a-t-il martelé.
Le Président Tebboune s'est, en outre, dit «étonné» de voir un démocrate «rejeter» les urnes et «prôner» la désignation.
«De plus, je m'étonnerai toujours du fait qu'un démocrate, qui se définit comme tel, rejette les urnes et prône la désignation. Quand il ne rejette pas l'opinion de la majorité, ce qui est en soi antidémocratique. Pourquoi voulez-vous désigner des personnes pour diriger le pays ? Qui êtes-vous ? Qui vous a fait roi ? Qui t'a rendu si vain / Toi qu'on n'a jamais vu les armes à la main, pour reprendre Le Cid !», s'est interrogé le Président Tebboune.
Il a ainsi rappelé que «lorsque les marches, après la présidentielle, rassemblaient encore de 20.000 à 25.000 manifestants à travers le pays», il a été le «premier à tendre la main aux gens du Hirak et à les recevoir». «Dans mon premier gouvernement, on compte cinq ministres qui en sont issus. Des personnes que j'avais vues m'insulter dans des vidéos. Ensuite, on a commencé à libérer des détenus pour arriver à 120 relaxés. Les gens continuaient à me critiquer, mais j'ai continué à faire des gestes», a-t-il relevé.
Et d’ajouter : «J'ai l'impression que cela a été interprété comme une faiblesse. Les gens pensaient qu'on était dos au mur. Ils se trompaient». Il a indiqué, en outre, que «le manifestant et le policier qui maintient l'ordre public sont les enfants de la même République». «Je n'ai pas le droit de les laisser s'affronter. D'autant plus que les appels à la violence étaient clairs. Tant qu'on était au stade des idées, il n'y avait pas de problème, mais les appels à la violence, c'est autre chose», a ajouté le président de la République.
Pour le chef de l'Etat, «aujourd'hui, dans ce qui reste du Hirak, on trouve de tout, il y en a qui crient ‘‘Etat islamique!’’ et d'autres qui scandent ‘‘pas d'islam !’’. Les manifestants expriment peut-être une colère, mais ce n'est pas le Hirak originel. C'est très hétéroclite», a-t-il constaté.
Questionné sur le classement par l'Algérie de Rachad et du MAK (Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie) comme mouvements terroristes, le Président Tebboune a indiqué qu'«ils se sont eux-mêmes déclarés tels». «Rachad a commencé à mobiliser tous azimuts, à donner des instructions pour affronter les services de sécurité et l'armée. Le MAK a tenté d'agir avec des voitures piégées. Face aux appels à la violence, la patience a des limites», a-t-il martelé.
Pour ce qui est du correspondant du journal Liberté à Tamanrasset, arrêté et placé sous mandat de dépôt pour un article de presse, le chef de l'Etat a indiqué qu'«il a joué, à tort, au pyromane sur un sujet très sensible», qualifiant cela de «très grave».
Sur une question relative à la situation du pays précédent les présidentielles de décembre 2019, le Président Tebboune a rappelé que «le pays était au bord du gouffre» et qu'«heureusement, il y a eu le sursaut populaire, le Hirak authentique et béni du 22 février 2019, qui a permis de stopper la déliquescence de l'Etat en annulant le cinquième mandat, qui aurait permis à la ‘‘Issaba’’, ce petit groupuscule qui a phagocyté le Pouvoir et même les prérogatives de l'ex-président en agissant en son nom, de gérer le pays».
«Il n'y avait plus d'institutions viables, seuls comptaient les intérêts d'un groupe issu de la kleptocratie», a-t-il dit, ajoutant qu'«il fallait donc reconstruire la République, avec ce que cela implique comme institutions démocratiques». Revenant sur son absence après avoir été touché par la Covid-19, le président de la République a affirmé que cela n'a pas affecté l'exercice du pouvoir, mais «retardé le programme des réformes».
«Affecté non. Retardé le programme des réformes, oui. Mais nous avons réussi à faire en sorte que l'Etat fonctionne en mon absence. Preuve en est que la réhabilitation des institutions que j'ai entamée avait fonctionné», a-t-il fait valoir.
Le Chef de l'Etat a, en outre, indiqué avoir pu faire le bilan sur son environnement immédiat et les projets lancés. «J'ai pu faire le bilan sur mon environnement immédiat et les projets que nous avons lancés. Certains ont pensé que c'était le naufrage -et vous savez qui quitte le navire dans ces cas-là-, mais j'ai pu constater, avec fierté, toute la fidélité de l'Armée, avec à sa tête le chef d'Etat-majo, Saïd Chanegriha», a-t-il dit, révélant que «nous nous appelions tous les matins».
Tebboune ne s’est pas privé de dire ce qu’il pensait
Evoquant sa carrière au service de l’Etat, il a estimé, qu'«après avoir exercé un peu plus de cinquante ans au service de l'Etat», depuis sa sortie de l'Ecole nationale d'administration (ENA) en 1969, «il est très difficile de faire de l'opposition à l'intérieur même du système».
«Pourtant, j'en ai fait, j'étais une sorte de mouton noir. On m'a envoyé comme wali aux postes où il y avait le plus de problèmes. On m'avait collé une étiquette de ‘’tête dure’’, parce que je ne me privais pas de dire ce que je pensais», a-t-il confié.
Et de poursuivre : «En 2017, j'étais déjà convaincu que l'Algérie allait droit dans le mur, que si la déliquescence des institutions se poursuivait, elle allait aussi impacter l'Etat-nation même, pas uniquement le pouvoir». «On ressemblait de plus en plus à une république bananière, où tout se décidait dans une villa sur les hauteurs d'Alger. Les institutions étaient devenues purement formelles, à l'exception de l'Armée, qui a pu sauvegarder sa stature», a-t-il affirmé. «Il fallait donc agir et j'ai proclamé, en tant que Premier ministre, devant le Parlement, que le salut viendrait de la séparation de l'argent et du pouvoir. Ma famille et moi en avons payé le prix, mais cela fait partie du risque de l'exercice du pouvoir», a-t-il relevé.
Pour lui, «quand le pouvoir est gangrené par les intérêts personnels, il se défend à sa manière. S'attaquer à ce système peut devenir mortel. Très dangereux», a-t-il déploré, ajoutant qu'«une partie de l'administration, censée être neutre et servir les administrés, s'est mise au service des lobbys de la kleptocratie, que l'on appelle à tort ‘‘oligarchie’’, car il s'agit plutôt d'un groupe de voleurs».
Le Président Tebboune a indiqué, par ailleurs, n'avoir pas été le candidat d'un parti politique, mais celui du peuple et de la jeunesse, qu'il considère comme «deux piliers» sur lesquels il compte beaucoup.
«Je n'ai pas été le candidat d'un parti, mais celui du peuple et de la jeunesse, deux piliers sur lesquels je compte beaucoup», a-t-il dit, regrettant qu'«une multitude de nos partis ne sont pas représentatifs d'un courant d'idées, mais sont construits autour d'une personne qui s'éternise à leur tête, sans aucune volonté d'ouverture ou de réforme» «Attention, je ne dis pas que je ne crois pas en la classe politique, mais elle représente peu de chose par rapport à un peuple. Tous les partis réunis ne totalisent pas 800.000 militants, alors que nous sommes près de 45 millions d'Algériens», a-t-il affirmé, ajoutant que «plus tard, peut-être, lorsque les institutions auront repris leur place et leurs fonctions, libérées du diktat de l'argent sale, on pensera à créer un parti présidentiel. Mais pas pour le moment».
Interrogé sur un éventuel autre mandat présidentiel, il a indiqué qu'il n'y pense pas et que sa mission est de remettre sur pied le pays. «Très honnêtement, je n'y pense pas. Ma mission est de remettre sur pied mon pays, lutter contre les passe-droits, reconstruire les institutions et faire que la République appartienne à tout le monde. Un autre mandat ? Je ne sais pas. On n'est qu'au début de mon mandat», a-t-il ajouté.
Sur un autre plan, le Président de la République a indiqué que l'Algérie est un pays «facile à vivre» et que «notre culture de la solidarité est exceptionnelle, on l'a vu pendant la crise sanitaire : les citoyens ont multiplié les initiatives pour s'entraider».
Il a rappelé que la santé et l'éducation en Algérie sont «gratuites» et «comparativement aux pays voisins, nous avons eu peu de candidats dans les rangs du groupe Etat islamique et nous comptons moins de harraga, selon les statistiques des centres de rétention en Espagne et en Italie».
«On peut être heureux, mais il faut avoir le courage de voir son pays autrement. On peut détester Tebboune, mais pas détester son propre pays», conclut le Président de la République.

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